Partager l'article ! Essai n°8 : l'amour fou: A peine le soleil avait inondé le ciel de sa timide lueur, que je gravissais déjà ce long sentier. J'aurais voulu ce ...
A peine le soleil avait inondé le ciel de sa timide lueur, que je gravissais déjà ce long sentier. J'aurais voulu ce jour là monter sur les plus hautes montagnes car, plus que jamais, je voulais rire de tout le sérieux du théâtre de ce monde.
Ce jour là, c'est un montagne pesante et grise qui m'accueillit. Des heures passèrent. La route semble toujours aisée quand elle est contemplée de la vallée. Désormais , le soleil inondait de sa chaleur cet horizon si lointain. Une forêt peuplée de murmures primaires et de bruissements d'un autre âge avait cédée le pas à un cirque lunaire hanté par un horde de pierres chaotiques aux formes tranchées qui s'étaient figées devant une idole antique, la sombre montagne que je souhaitais vaincre, cet ennemi écrasant qui, à chaque pas, me rendait plus improbable une victoire éclatante. Des heures passèrent encore. Amusé et curieux, le soleil s'était planté haut dans le ciel et avait effacé toutes les ombres dans lesquelles se réfugiaient plus tôt mes pires craintes. L'âme tourmentée par la douleur qui fusait de mon corps éreinté, des larmes de douleur jaillissaient de mes yeux brûlés. Une félicité jusqu'alors inconnue s'empara de mon être. La montagne, cette farouche maîtresse, s'était enfin donné à moi, j'avais atteint le sommet.